Jardin thérapeutique unité Alzheimer

O Ubi Campi
Comment concevoir et quelles priorités donner à un jardin thérapeutique unité Alzheimer?

Les patients qui résident dans des unités spécialisées appelées suivant les établissements (généralement EHPAD):

  • Unité Alzheimer ou Unité de vie Alzheimer (UVA)
  • Unité protégée (UP) ou unité de vie protégée (UVP)
  • Cantou

présentent généralement un profil particulier, lequel évolue également avec le temps. Il ne serait pas approprié de décrire un profil type d’un résident en Unité Alzheimer. Chaque personne en fonction de son parcours de vie, de sa pathologie et et du stade d’évolution neuro-dégénératif sera différente.

On reconnait généralement 7 stades évolutifs de la maladie depuis le stade 1 (aucune déficience) au stade 7 (déficit cognitif très sévère). On les regroupe également en 3 groupes majeurs : stades précoce, avancé ou sévère

Jardin thérapeutique unité Alzheimer: S’adapter à l’évolution de la maladie

En pratique, on retrouvera dans ces unités spécialisées des patients des stades avancés et sévères. Cela dépendra principalement de la population générale présente dans l’établissement. Les unités Alzheimer accueillent des pathologies assimilées telles que les démences fronto-temporales, vasculaires cérébrales, parkinsonniennes mais aussi des syndromes de korsakoff.

La maladie d’Alzheimer représentant souvent le plus grand nombre de sujets. Cela a justifié cette appellation – laquelle est régulièrement remise en cause pour son effet stigmatisant.

Les recommandations

Si les patients que l’on accueille dans ces unités n’ont pas un profil homogène, la configuration, l’architecture, mais aussi la pratique des soins n’est pas identique suivant les EHPAD. La Haute Autorité de Santé (HAS) publie régulièrement des guides et cahiers des charges relativement aux bonnes pratiques à mettre en oeuvre.

Dans certains établissements, c’est le niveau de sécurité pour les résidents qui est positionné en priorité avec une préoccupation majeure de limiter les fugues, dans d’autres établissements, la liberté des résidents est placée au-dessus de l’objectif sécuritaire, et un accent particulier est apporté sur le développement de la pratique des soins.

Faut-il développer les unités Alzheimer?

Il serait difficile et maladroit de tenter d’en donner une classification formelle, sachant que le rôle principal adopté par les soignants se concentre sur l’accompagnement des résidents. Certains vont développer avec le temps des troubles du comportement alors que d’autres évolueront vers un profil aphasique et apraxique.

Ce qui importe dans la conception et l’animation d’un jardin enrichi dans une unité Alzheimer, c’est de l’adapter au profil général des résidents et d’y anticiper les évolutions potentielles.

Les caractéristiques d’un jardin thérapeutique enrichi en Unité Alzheimer

Jardin thérapeutique en unité alzheimer

Il conviendra de dire en préambule que le jardin dans une unité Alzheimer, devra être conçu avec la même démarche que pour les autres pathologies. C’est à dire en plaçant le patient au coeur du jardin afin qu’il se l’approprie le mieux possible et qu’il en tire les meilleurs bénéfices. Tant du point de vue de sa qualité de vie que de sa santé.

Bien évidemment, les patients Alzheimer (ou troubles associés) présenteront un certain nombre de caractéristiques communes – qui pourront servir de fil conducteur à l’agencement du jardin . Ceci notamment liées à leur mobilité et leur capacité d’orientation spatiale.

Bien souvent, les espaces prévus par les architectes des EHPAD pour le jardin des UVP, sont de taille réduite.Voire disposés dans un patio fermé. L’accès au jardin plus ouvert de l’EHPAD est malaisé, compte tenu de la présence de portes sécurisées.

Dans la mesure du possible, notre recommandation serait de faciliter l’accessibilité pour les résidents de ces unités spécialisées vers le jardin commun ou « général » de l’EHPAD. Il convient d’aménager ce jardin avec un enrichissement adapté pour des patients Alzheimer.

Jardin thérapeutique unité Alzheimer: L’architecture paysagère

Il conviendra de former des allées en gérant en même temps une bonne perception spatiale de l’ensemble du jardin. Depuis son point d’entrée, tout en aménageant des espaces différenciés dans leur atmosphère et leur couverture végétale. Préserver la sensation de découverte est un élément important de la circulation dans le jardin.

L’accessibilité

Les résidents de ces unités présentent fréquemment une bonne aptitude à la marche. Il faut l’encourager, tout en veillant à aménager des points de repos, à limiter les pentes à 5% voire si possible 3%. Le nombre de personnes circulant en fauteuil n’est pas toujours très élevé. Si bien que l’on pourra limiter la largeur des allées à 110 – 120, plutôt que 130-150.

Ceci préservera la sensation de chemin de jardin, et en limitera le coût par la diminution des surfaces nécessitant un revêtement.

Il importe que ce revêtement soit avec une finition dure plutôt qu’un matériau souple, ou instable. Ceci vaudra notamment pour les parkinsoniens pour qui  la sensation vestibulaire est altérée. Par exemple, un revêtement en béton sablé avec une légère coloration rose ou jaune.  Limiter les reflets du soleil sur un sol trop clair, pourra constituer une solution appréciée.

La palette végétale

Le choix de la palette végétale devra favoriser une lecture claire de la distribution des différents espaces. Cela concernera notamment les profils, le port végétal et les couleurs tant du feuillage que des inflorescences.

Pour des raisons de sécurité évidente, on éliminera tous les végétaux présentant une toxicité. Que ce soit dans les racines, le feuillage, les épines, les baies, les fruits ou les fleurs…. en particulier parce que nous avons affaire ici à des sujets susceptibles de porter à la bouche ce qu’ils peuvent cueillir.

L’évolution de la maladie favorise fréquemment le repli sur soi des patients. Il conviendra d’aménager le jardin de façon à encourager le lien social.

Jardin thérapeutique unité Alzheimer: l’enrichissement thérapeutique

En fonction du stade d’évolution des pathologies neuro-cognitives, il importe d’adapter les modules d’enrichissement. Ce qui conviendra à des patients à un stade avancé, ne fonctionnera plus à un stade sévère.

Les principales cibles thérapeutiques envisagées concerneront :

  • pertes cognitifs
  • les troubles du comportement
  • dépression et estime de soi
  • l’autonomie fonctionnelle

Nos équipes poursuivent leurs efforts de recherche de solutions pertinentes pour prendre en charge ces différents objectifs.

Le jardin présenté par O Ubi Campi à l’occasion de la finale du Concours du Carré des Jardiniers à Lyon en décembre 2017 rassemblait de nombreux modules adaptés pour des Unités « Alzheimer ».

Jardin thérapeutique en unité Alzheimer

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