Jardin thérapeutique et psychiatrie

-
-

En hôpital psychiatrique, les pathologies sont souvent multiples et vont chercher leurs racines dans des contextes très diversifiés. La bonne adaptation du jardin est un élément essentiel pour son efficacit

Le jardin est déjà une solution de par ce qu'il offre de nature, il devient thérapeutique s'il participe pleinement au travail des équipes. C'est dans cette démarche participative que fut conçu le jardin thérapeutique d'une UMD (Unité de Malades Difficiles) accueillant dans un espace très sécurisé des patients placés là pour des situations de violences aggravées et des conduites addictives mettant en cause des drogues dures. 

La proposition élaborée par O Ubi Campi a résulté d'un travail ciblant la gestion occupationnelle, les troubles du comportements et l'amplification de la simulation sensorielle avec une vision partagée de recréer un cercle vertueux dans la perception du temps et de l'impact des actions et des gestes mis en oeuvre. La nature, le végétal que l'on peut intégrer entre ces hauts murs sécurisés, offre cet avantage immense de ne se plier qu'à ses propres règles. On ne peut l'apprivoiser, c'est elle qui vous apprivoise et dicte son rythme. Alors qu'avec des patients atteints de la maladie d'Alzheimer, l'apprentissage du temps long n'est pas une nécessité voire même une contrainte à contourner, il est ici mis en valeur et trouve son plein usage et bénéfice.

La répartition du végétal dans l'espace ne présente pas ici les mêmes enjeux qu'avec des personnes désorientées en gériatrie, il s'agit davantage de faire un choix logique et de donner un sens visible à l'agencement du jardin. 

Les modules enrichissant le jardin sont choisis et adaptés en fonction des objectifs thérapeutiques partagés. Un protocole d'évaluation sur des cycles de 3 et 6 mois permet de mesurer l'efficacité du jardin, d'ajuster la fréquentation et de gérer son évolution.

Ces jardins ont conduit à des mesures de bénéfice dans le cadre d'études longitudinales 

portant sur :

  • l'évolution des troubles du comportement
  • la prise en charge médicamenteuse et en particulier les neuroleptiques
  • la gestion occupationnelle  
  • le sevrage et les comportements addictifs

Les évaluations mises en place ont donné des pistes encourageantes et produits des résultats très positifs. La taille de la population étudiée n'a pas permis de confirmer la significativité des résultats. C'est pourquoi nous projetons une étude sur un échantillonnage plus significatifs afin de mesurer l'impact d'un jardin en hôpital psychiatrique.

Ces premières évaluations nous ont permis cependant d'avoir une première appréciation sur la pertinence des modules d'enrichissement que nous avions développés et nous donner des pistes pour leur amélioration.