Jardin therapeutique AlzheimerLes démences neuro-dégénératives sont des maladies neurologiques entraînant des troubles cognitifs d’apparition insidieuse et d’évolution progressive sur plusieurs années. Elles touchent chaque année plusieurs milliers de personnes en France. Les personnes âgées sont généralement les plus concernées mais ces pathologies peuvent aussi atteindre les adultes jeunes.La maladie d’Alzheimer représenterait 70% des cas de démence. Son incidence augmente fortement, notamment dans les pays développés, avec l’allongement de la durée de vie. Elle touche environ 6% de la population des plus de 65 ans, majoritairement des femmes. Près de 225 000 nouveaux cas apparaissent chaque année, selon le rapport d’expertise de l’Inserm. Dans sa forme typique, la maladie d’Alzheimer est caractérisée par des troubles de la mémoire et un syndrome aphaso-apraxo-agnosique. 

Le Plan Alzheimer (2008-2012) en France, qui portait des recommandations pour aménager l’environnement des patients, a encouragé l’implantation de ces jardins thérapeutiques, sans qu’un cahier des charges circonstancié ait accompagné leur développement.  La Haute Autorité de Santé (HAS) a publié en 2009, une série de recommandations concernant l’aménagement de l’environnement conçu comme un facteur bénéfique favorable à la prévention des troubles du comportement des patients Alzheimer. Cet impact de l’environnement a été étudié à travers différentes initiatives.

Les questions principales qui y étaient analysées concernent l’évaluation de la fréquentation d’un jardin qualifié de « jardin thérapeutique » ou de « healing garden » sur le stress, l’anxiété, les hallucinations et d’une façon générale l’expression du trouble du comportement mesuré suivant l’inventaire Neuropsychiatrique NPI (Neuropsychiatric inventory). 

De nombreux jardins ont été créés en institution avec le qualificatif de « jardin thérapeutique » suggérant qu’une mission pourrait leur être attribuée, sans bien souvent qualifier le bénéfice pour le patient qui était ciblé. C'est afin de définir des missions précises pour le jardin auprès de populations atteintes de la maladie d'Alzheimer, qu'O Ubi Campi a mis en place les éléments suivants :

  • Elaboration d'un protocole de recherche visant à concevoir et qualifier le contenu ("matière active") du jardin en fonction d'objectifs thérapeutiques
  • Déploiement d'un programme d'évaluation permettant d'évaluer l'impact sur le patient de cette "matière active" vs un jardin témoin qui n'en disposerait pas
  • Définition de cibles thérapeutiques adaptées aux objectifs de soins auprès de patients atteints de maladies neuro-dégénératives
    • Fonctions cognitives
      • Rythme circadien
      • Orientation temporo-spatiale
      • Mémoire procédurale
      • Perception sensorielle
      • Mémoire de travail
      • Sensation vestibulaire
    • Autonomie fonctionnelle
    • Troubles du Comportement
      • Anxiété
      • Agitation
      • Agressivité
      • Troubles du sommeil
      • Stress
    • Psycho-motricité
      • Equilibre postural
      • Coordination visio-motrice
      • Marche - équilibre

Mais aussi, le lien social, l'humeur, la confusion mentale.

atelier ALZHEIMERA chacun de ces objectifs thérapeutiques pour des patients Alzheimer, sont associées de échelles de mesure validées statistiquement pour leur robustesse et leur significativité. L'ensemble de ces dispositifs ont permis de concevoir, d'adapter et d'évaluer la formation de ces éléments de "matière active" introduits dans le jardin afin d'en mesurer avec pertinence l'efficacité.

C'est ainsi qu'au travers de ces travaux de recherches déjà engagés depuis plusieurs années, O Ubi Campi a été en mesure de qualifier une liste de "matières actives" présentant une action efficace et significative sur les objectifs listés plus haut. Cette efficacité a été vérifiée dans le cadre de nos protocoles en comparant en témoin, un jardin "à visée thérapeutique" classique et en contrôle un groupe qui ne fréquente pas de jardin de manière régulière.