RSE MAG LA CULTURE DES DEFIS

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Lancer et relever des défis ambitieux, ainsi pourrait se résumer les engagements d’Etienne Bourdon. 

Des défis sportifs pour un alpiniste de haut niveau gravissant en solitaire l’arête Nord Ouest du Rakaposhi à 7788 m dans le massif du Karakorum au Pakistan,

Des défis professionnels en créant une entreprise en Chine dans les années 80, où il apprit la langue en 6 mois et où il séjourna près de 7 ans.

Aujourd’hui, il s’est engagé dans un défi sociétal et environnemental avec une démarche ancrée dans une volonté entrepreneuriale de contribuer au bien-être de l’homme - cela en fondant il y a 7 ans le Groupe O Ubi Campi aujourd’hui leader européen de la conception et de la mise en œuvre de jardins thérapeutiques. Mettant à contribution l’ensemble de ses savoir-faire d’architecte paysagiste, biologiste et gérontologue, il se lance dans une thèse de doctorat portant sur l’évaluation du bénéfice thérapeutique de ses créations.

Le jardin devient non seulement son lieu de méditation, mais aussi son laboratoire expérimental. Peut-on soigner par le jardin ? Le doute légitime qu’il exprimait depuis l’origine s’estompe progressivement. Les lignes bougent puis reculent. Etienne Bourdon établit ses quartiers dans des hôpitaux, des foyers médicalisés, des Ehpad (Etablissement d’Hébergement pour Personnes âgées dépendantes)

Avec ses équipes, il teste, évalue, développe en continue des réponses innovantes – mobilise des biostatisticiens sur des analyses randomisées multi variés, multi centrés pour mesurer les bénéfices thérapeutiques.

Le champ des pathologies que prend en charge son Groupe O Ubi Campi s’élargit chaque année :

  • La gériatrie
  • Les maladies neuro-dégénératives en particulier la maladie d’Alzheimer
  • L’addictologie
  • L’autisme
  • Les cérébrolésés
  • Différentes formes de handicap
  • Le traitement post AVC
  • La psychiatrie

Les champs d’investigation sont nombreux et porteurs d’espoir. Chaque pathologie nécessite un développement et une réponse spécifique. Il souligne que ces premiers résultats ne sont que des indicateurs, des messages d’encouragement que la nature nous donne – que des travaux complémentaires pourraient apporter des données plus précises.

Là où les consommations de neuroleptiques, anxiolytiques, et notamment de benzodiazépine produisent à des coûts élevés des effets non vérifiés et surtout toujours controversés dans la littérature scientifique, il obtient après plusieurs années de travaux et d’évaluation des améliorations visibles sur l’échelle de l’EGS (évaluation gériatrique standardisée).

Son doctorat nécessitera entre 2 ou 3 ans avant de permettre les premières publications validées. Mais il conclut en souriant que ce mieux-être ne lui appartient pas. Le lien de l’homme avec le jardin existe depuis les origines… du jardin d’Eden aux jardins de Babylone en passant par les jardins médiévaux et les jardins de Lettrés de Chinois… les hommes ont régulièrement trouvé des réponses par le jardin. Ils en ont aussi inventé en faisant croire que les essences des conifères que l’on respirait la tuberculose justifiant l’installation de sanatorium par dizaine dans les montagnes et surtout loin des villes pour éviter la contagion.

S’il croit de plus en plus chaque jour qu’il existe encore un champ immense à explorer, il constate aussi avec plaisir que la présence de ses jardins augmente la fréquentation des Ehpad et des services hospitaliers - les visites par les familles. Se retrouver simplement au jardin avec ses petits enfants c’est aussi cet instant de liberté qui fait du bien.