Jardin thérapeutique en Ehpad Colombes

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Le premier indicateur de réussite d'un jardin thérapeutique en EHPAD est mesuré en suivant l'évolution de la fréquentation du jardin.

Un jardin thérapeutique n'est pas qu'un jardin paysage. Certes la nature est vertueuse, sa présence n'est pas spécifiquement thérapeutique, c'est son absence - décrite comme syndrome de manque de nature - qui est néfaste. Pour apprécier le succès de l'implantation d'un jardin thérapeutique en EHPAD, notre premier indicateur est le suivi de l'évolution de la fréquentation du jardin par les résidents. 

Combien de résidents vont spontanément ou accompagnés au jardin, combien de fois par semaine, quel pourcentage parmi l'ensemble des résidents? C'est de cette appréhension du milieu extérieur, celle d'être exposé à la chaleur ou au froid, au vent ou à la pluie, qui fait souvent préférer le cocon formé par les murs enfermant un air climatisé. Le jardin est l'occasion de retrouver ce sens de liberté, d'auto-détermination.

Le deuxième critère est l'appropriation du jardin par le résident - celui-ci ne se décrète pas. Il résulte d'un travail minutieux conduit entre le concepteur et l'équipe de soignants pour intégrer dans le jardin une succession de détails qui feront que le résident franchira le seuil de la terrasse, circulera dans le jardin. Mais pour que cette appropriation se produise, il ne s'agit pas uniquement de lui offrir une marche déambulatoire sur l'allée du jardin. C'est la curiosité, la sollicitation, l'apaisement offerts par le jardin qui donneront envie d'y prolonger le séjour. Lorsqu'il n'y a pas d'appropriation, le résident fait un tour dans le jardin, marche à son rythme, s'arrête parfois  pour une pause puis reprend sa marche pour rejoindre la terrasse ou l'intérieur de l'établissement. Si l'on mesure ce temps de séjour  on constate que d'un résident à l'autre, le temps moyen est assez proche avec un faible écart-type. C'est avec l'appropriation que l'écart type augmente avec le temps de moyen. Certains vont s'arrêter plus longuement, participeront à la vie du jardin, utiliseront spontanément une installation présente dans le jardin. C'est dans la durée que l'on découvre, adapte, améliore cette appropriation qui permettra de passer du sentiment de marcher dans un parc à celui d'être dans son jardin.

C'est alors que l'on pourra valoriser la présence de modules thérapeutiques dont l'évaluation mettra en évidence tant pour le soignant que pour le résident, les bénéfices offerts, et encourageront l'usage.