Congrès Alzheimer Décembre 2021

Communication sur les jardins thérapeutiques enrichis
O Ubi Campi

Le Congrès Alzheimer

Les 8 et 9 décembre 2021 s’est tenu le Congrès des Unités de Soins, d’évaluation et de prise en charge de la maladie d’Alzheimer au Palais des Congrès d’Issy les Moulineaux

Une communication a été faite sur les travaux de recherche conduits sur les jardins enrichis à l’hôpital Charles Foix (Groupe Pitié Salpêtrière – Ivry sur Seine)

Les bienfaits des jardins enrichis pour les résidents d’EHPAD ayant une maladie d’Alzheimer : un essai contrôlé

 

But :

La démence est un problème majeur dans le monde, et des efforts considérables ont été faits pour concevoir des outils de médiation thérapeutique et évaluer leurs bénéfices sur la santé des patients. Le but de cette étude consiste à évaluer les effets de la fréquentation d’un jardin enrichi sur les capacités cognitives, l’indépendance et le risque de chutes de patients atteints de la maladie d’Alzheimer à un stade avancé.

Méthode :

Il s’agit d’un essai pilote multicentrique contrôlé non randomisé par grappes mené dans 4 établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD). Elles disposaient de deux jardins, un jardin sensoriel conventionnel (JSC) et un jardin enrichi (JE) avec des accès séparés. Le concept de jardin enrichi a été développé à l’issue d’une démarche de recherche translationnelle inspirée par les travaux de D Hebb sur l’environnement enrichi. Celui a démontré qu’un environnement enrichi améliorait les capacités cognitives de populations de souris résultant d’un développement du cortex cérébral.
Les participants étaient des résidents atteints de démence, capables de marcher sans aide humaine, et sans démence sévère ni troubles du comportement. Les résidents éligibles ont été répartis en 3 groupes en fonction de la proximité de leur chambre avec les jardins : un groupe proche des jardins JSC ou JE pour les 2premiers groupes et plus éloignés des jardins pour le troisième groupe (contrôle).
Nous avons demandé aux professionnels de santé de solliciter régulièrement fréquemment les résidents à se rendre dans les JE ou du JSC en fonction de leur groupe. Aucune invitation aux jardins n’a été faite aux résidents du groupe contrôle. Dans chaque JE, nous avons installé 12 modules d’enrichissement qui stimulaient les fonctions cognitives, l’indépendance et la marche/équilibre. L’évaluation a porté sur les fonctions cognitives globales (MMSE), l’indépendance pour les activités de la vie quotidienne (ADL) et le risque de chutes (test de station unipodale et Timed up and go ou TUG) et a été réalisée à l’inclusion et après 6 mois.

Résultats

Les 120 participants étaient âgés de 81-0 ± 3-5 ans et comprenaient 83 femmes. Leur score MMSE était de 17-5 ± 2-9. Les caractéristiques des patients n’étaient pas significativement différentes entre les trois groupes. Parmi les participants du groupe JE, l’évolution à 6 mois du MMSE a montré une amélioration par rapport aux autres groupes (+ 0-93 ± 0-65 vs -0-25 ± 0-71 et -0-24 ± 0-73 dans les groupes JE vs JSC et contrôle, respectivement, P < 0-0001). De même, l’évolution de l’ADL, le TUG et la station unipodale a montré une amélioration significative dans le groupe ayant visité le JE par rapport aux autres groupes, ce qui indique un effet positif encourageant sur les principaux marqueurs de santé.

Discussion

Alors que les résidents fréquentant le JSC ne présentent pas de bilan amélioré par rapport au groupe contrôle, cette étude pilote présente des perspectives encourageantes de médiation thérapeutique par le concept de jardin enrichi pour des résidents en EHPAD atteints de démence. Il reste à mieux comprendre quel rythme de fréquentation et comment l’appropriation du JE par le résident opère. Cela peut permettre à ce concept innovant de prendre une véritable place dans le soin du patient Alzheimer en institution

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